Dimanche 29 mars : Piégés par la nature ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Toute la nuit, j’entend la pluie incessante qui m’effraie un peu, je m’inquiète quant à la sortie du camion, j’ai peur qu’on s’embourbe…Bref, je stresse….Nous avons froid toute la nuit, surprenant changement étant donné les 25° que nous avons eu pendant 4 jours…Je me réveille soudainement et jette un œil dehors, le décor est d’un blanc immaculé, je n’en reviens pas, il a neigé toute la nuit, tout est couvert, on ne distingue même plus le chemin par lequel on est arrivé en camion, les pierres sont couvertes de neige, des flaques se sont formées un peu partout autour de nous…il fait un temps glacial….Des stalactites de glace se sont formées sous la caisse. Le vent et la neige nous assaillent …On décide de partir aussi sec, on ne veut pas attendre plus longtemps ici…Nico entame une marche arrière pour un demi tour, les roues arrières droites commencent à s’enfoncer dans la terre ramollie par la flotte…Il tente de ravancer, je blanchis, je dois avoir la même couleur que la neige…Les roues tournent dans le vide d’un côté et s’enfoncent, celles de gauche sont carrément immobiles….Bon, Nico reste optimiste et ne s’en fait pas, on va y arriver…On a une petite pelle…pas de grillage…Mais des grilles de barbecue…Nico commence à creuser autour des roues pour y incérer les grilles…On retente une marche arrière, les roues tournent dans la vide…On tente pour une marche avant, il aura plus de patate….Rien a faire, à droite, les roues n’accrochent plus rien, à gauche, la roue ne se décide pas à tourner…il y a quelque chose qui doit coincer la roue…Le vent accompagné de neige fondue frappe nos visages rougis et piqués….C’est la galère sous la tempête…On vire une grosse pierre enterré à la base des roues gauches, avec un peu de chance….Mais l’ultime marche arrière enfonce le camion de plus belle, et chose que je n’avais pas vu, le réservoir touche maintenant le sol, le 407 est carrément couché…Trop bien….Là c’est vraiment la merde…J’envoie un sms à ma sœur pour avoir la météo des prochains jours ici, mais neige et pluie mêlée sont prévues pour les 4 jours avenirs…On avait espérer le retour de la chaleur pour sécher la terre et tenter de s’extirper….ahahahahah….Je fais un thé pour nous réchauffer…On est glacé et coincé….Deux bergers apparaissent bientôt devant les vitres du 407, on sort nos têtes déconfites , l’un des bergers parlent un peu français, ils nous dit de ne plus rien toucher…Il connaît un homme qui a un tracteur, il pourra nous y accompagner en fin d’après midi, nous voilà rassurer….Mais bientôt le berger revient avec le gardien du lac qui appelle les gardes forestiers, ils ne veulent pas nous laisser dans le froid toute l’après midi…Ils arrivent dans une heure avec un 4X4 et un treuille…Les bergers nous invitent à les suivre pour se réchauffer dans la maison du gardien…La pièce fait tout au plus 10m2, une femme et deux enfants en bas âge nous accueillent avec de larges sourires et nous invitent à nous asseoir sur les tapis près du poêle à bois…On se déchausse, nos pieds sont trempés…On a pensé à prendre des jouets, les enfants sont ravis…Bientôt la femme pose sur la petite table centrale, des verres, des œufs brouillés, de la confiture, du pain, de l’huile d’Olive et du thé….Nous sommes donc avec la famille d’Ismaël, le gardien du lac…Monsieur Mour nous as accompagné, c’ est un grand homme, avec de grandes mains encore belles et lisses malgré son âge, il a une écharpe nouée autour de la tête, Monsieur Mour a une large bouche qui laisse apparaître des dents blanches se chevauchant les une sur les autres, Monsieur Mour parle fort, très fort, cela surprend au début, et puis, l’oreille s’habitue…Il insiste pour que nous mangions, « koul koul , il fait froid… », à peine le temps d’avaler un quart de gros pain, que la femme nous remet un autre morceau devant chacun de nous…. « Il faut manger, koul koul… ». Monsieur Mour nous explique qu’il ne faut pas laisser le camion n’importe où, et que chez eux, chez les berbères, on peut venir se poser chez eux le temps d’une balade…Monsieur Mour ouvre maintenant en grand ses deux yeux ronds et ridés et nous dit que les bergers voient tout ce qui se passent autour du lac et qu’ils nous avaient bien repéré tôt ce matin…« nous, les bergers, voient tout, on ne veut pas que vous mourir, après nous on est pas bien dans la tête… » dixit Monsieur Mour…
Les gardes forestiers arrivent, un homme moustachu d’une cinquantaine d’années en pantoufles ( sous la neige je reprècise…) et un grand homme noir nous embarquent dans leur 4X4…Drôle de couple…On arrive au 407, Monsieur Mour nous quitte pour aller rejoindre son troupeau, on a le temps de lui donné des jouets pour « ses petits, comme il dit », il nous invite à repasser chez lui quand on veut, il nous serre la main fermement avant de s’éloigner dans les montagnes embrumées.
Le chauffeur du 4X4 tire maintenant le cable pour tirer le gros flémard de merco, ouf, le camion a bougé de quelques mètres….mais c’est le 4X4 qui s’embourbe à son tour, on hallucine…Le grand homme noir sort sa pelle et commence à creuser autour de la roue, l’autre en pantoufle nous demande de tirer le 4X4 avec le notre…Je regarde la scène en souriant et en me disant que la situation que nous étions en train de vivre était tout à fait improbable… Mais c’est pas la peine, on s’enfonce une nouvelle fois…L’autre véhicule finit par s’en sortir et après mille et une manœuvres, le 407 est enfin sur le chemin…On les suit jusque la maison du garde, pour se réchauffer, pour un thé et les sourires des enfants qui sont en train de jouer avec les animaux en plastique que l’on leur a apportés une heure et demi plus tôt….On flippe qu’il faille payer mais non, ceux sont les pompiers d’ici, rien ne nous ai demandé…On redescend sur la ville d’Azrou, les barrière de neige sont baissées, on ne monte pas aujourd’hui le col du Zad…Mmm….a demain…

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les cascades d'Ouzoud

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