Vendredi 20 mars : " Routes défoncées…gens intrigués "
L’homme charmeur de serpent nous a indiqué un parking où se garer avec une vue sympa contre la montagne, en haut de la ville, près du Ras el Maa, la tête de l’eau…Nous nous y rendons…Nous retrouvons au cœur de la Médina, à deux pas…Une boucle de rando commence au pied, j’ai envie de marcher et j’entrâine Nico dans les hauteurs, mais très vite, nous nous rendons compte que les sentiers sont traîtres, et nous perdons vite le chemin…Nous rebroussons chemin, Dommage , oui apparemment le guide paraît nécessaire pour les montagnes…Le soleil est au zénith, mes épaules chauffent et deviennent bientôt écarlates, il ne fait pas bon vivre d’être blonde et blanche au pays des chameaux…Après quelques litres de thé à la menthe, nous repartons sur la route et tentons d’aller jusqu’à un barrage après Ouezanne….Nous passons par des routes sinueuses et totalement défoncées, le bitume se fait rare, seulement une bande centrale…histoire d’avoir un truc…Mais le camion en prend pleins les pneus…Nous croisons souvent des gros culs ou encore des vieilles voitures Mercédes blanches, que des blanches, qui doublent à tout allure….Nous traversons Sidi redouane, ville étrange, les habitants nous regardent comme si on était des extra terrestres…Les gens ne parlent pas français, nous nous trompons de route…Nous sommes paumés, la nuit arrive, des ânes traversent à tout va, des enfants rentrent de l’école, il n’y a pourtant rien aux alentours…Que de champs à perte de vue….Des gens apparaisent de partout, des tracteurs sans feux dans le nuit noire, ça devient dangereux, nous nous arrêtons au bord d’un champ…Tant pis, pas de beau spot…La nuit est étoilée, noire profonde, plus un bruit, plus de lumière, pas de maisons…Juste les étoiles…Que du bonheur….


Jeudi 19 mars : " Du Kiff dans le Rif "
Nous quittons la route de Oued Laou pour retourner sur Tétouan et reprendre la route de Chefchaouen, on arrive bientôt dans la ville, en contrefort des montagnes du rif…Nous nous garons en bas de la ville…Nous trouvons bientôt la médina, et alors là, c’est un régal pour les yeux, les ruelles étroites serpentent aux arrondis "chamallow "dans un bleu pastel étonnant…C’est magnifique, les rues sont très calmes, le ras el maa en haut de la ville plonge son eau dans les gorges du Rif…On rencontre un marchant de Djelabas et de tapis qui nous offre bientôt quelques thés et nous fait asseoir dans sa boutique…Il nous propose un guide pour rejoindre le pont de Dieu, des cascades à 8 heures de marche à travers les montagnes du Rif, en passant par les villages, les ateliers de confection du Kiff, moyennant 2000 dirrhams pour 3 ou 4 jours…Bien évidemment, ça ne nous intéresse pas, mais l’homme a quelque chose dans les yeux qui nous charme et nous nous laissons emmener dans ces récits historiques et touristiques…La production du shit et du kiff va être restreinte dans la région du Rif, les gouvernements européens font pression, et ainsi les habitants se verront remplacer leur production de fume sous d’autres formes, mais qui seront sans nul doute beaucoup moins rentables que la vente auprès des touristes à ce jour…On reste deux heures à boire du thé et à discuter avec l’homme…
Nous nous faisons un petit plaisir, nous nous rendons sur la place et mangeons un couscous à " la Casbah "…Nico a l’air d’un touriste…en Djelaba…Je vous raconte….Il se caillait les meules en tee shirt depuis deux heures chez l’homme charmeur de serpent, qui lui a donc prêté une Djelaba…J’ étais morte de rire, je me suis moquée, j’avoue…

Mercredi 18 mars " Tétouan, ville des sages "
On ne va pas traîner, le gars de la station nous demande 20 dirrhams pour la nuit passée sur la station, il dit être gardien et balaye la terre battue au pied du camion, histoire de… Non non, on va partir…. ça nous a fait bien rigolé…Bref, un Quawa et c’est parti…Il ne fait pas grand soleil, un peu froid même…On arrive à Tétouan…Encastrée dans les montagnes du Rif, à 50 km de Tanger…On va faire un tour dans la médina, les ruelles très étroites accueillent les vélos charrettes, vendeurs d’épices, d’onguents, de sandales en cuir, de poulets, d’oranges grosses comme des pamplemousses, d’avocats délicieux ou encore de Rougets ou de Mérous…Tous les sens sont en éveil, c’est bon pour les yeux et les narines. Un marchant de poissons - des clients ou des amis - ils parlent - un chat se faufile sous la robe d’un d’entre eux, passe son museau et mordillent gaiement la queue d’une sardine bien à son goût……
Un homme nous accoste bientôt, il nous rassure, il ne veut pas d’argent, mais veut nous montrer les tanneries de peau de moutons…Oui, euh….nous le suivons…L’odeur forte de chair décomposée assaillit aussitôt mes narines…Il nous montre un point de vue pour prendre quelques photos….Il veut maintenant nous emmener autre part, on se prend au jeu, on veut voir, on sait de toute façon que nous n’achèterons rien…Il nous emmène chez un marchant de tapis en poils de chameaux et de chèvres. Il nous présente et s’en va. Le sexagénaire a l’air d’un sage tout droit sorti des romans de Tolkien, un sage qui veut vendre ses tapis…Il nous fait d’abord monter sur le toit de l’atelier, c’est vrai que la vue est chouette, on voit toute la ville…Puis, il nous montre bientôt ses tapis brodés, tissés par les femmes des montagnes qui reçoient, prècise t-il 10% de la vente…Les tapis sont jolis, le vieil homme nous offre un thé et nous fait asseoir confortablement sur des coussins ornés de ses fameux tissus en poil de chamelles…Il déplie 15 tapis, et nous fait maintenant des propositions…On lui dit poliment que nous ne voulons pas acheter, nous voyons bientôt apparaître sur ses lèvres ridées une moue insatisfaite…Il nous souhaite néanmoins un bon séjour…
Après avoir fait quelques emplettes au Souk, on sort de la ville, on a envie de se poser au bord de la mer, loin de la grande ville…On prend la direction de Oued Laou, on voit bientôt la mer, on repère un coin tranquille où se poser au bord de l’Oued, des femmes sont en train de laver leurs linges…On ne nous calcule pas…On gare le 407…On veut rejoindre la mer à pied le long de l’Oued, on croise bientôt des ados qui jouent au football sur la plage, ils nous bombardent de hola, ils nous prennent pour des espagnols…
L’endroit est super calme, on en profite pour faire la vaisselle dans l’Oued, on prend de l’eau aussi…L’eau apaise…On est bien…Jusqu’à ce que quelqu’un frappe au carreau, c’est un flic qui nous aveugle de sa lampe torche, ils nous demandent ce qu’on fait là, et où l’on va , si on revient de Chefchaouen…La ville du kiff …Ça va, Nico dit que nous continuons notre chemin, sans passer par la ville bleue….Il s’en va….



Mardi 17 mars " Tanguons pour Tanger "
On se lève tôt, 7h, histoire d’arriver au port et de prendre le temps de trouver des billetes pas trop cher…On prend qu’un aller, on verra bien au retour…. L’embarquement et prévu à 13.h…On se calle à l’entrée parmi tous les fourgons chargés à bloc, galeries surchargées de vélos, de meubles…Il n’y a pas beaucoup de monde hors saison. On croise des Wazemmois qui viennent se ravitailler pour les marchés…Ouech 59, ils nous préviennent des retards fréquents et de longues heures d’attente avenirs. Ouep, on rentre dans le bateau à 16h30, on décolle du port à 18h environ….La vue est imprenable, le port est gorgé de gigantesques monstres métaliques qui plongent leurs pieds d’acier dans le bleu profond et émeraude de Gribaltar…Les deux cheminées du ferry toussent bientôt d’épaisses fumées noires, combien de tonnes de carburant consumées pour une traversée…Nous sommes étonnés de voir peu de bateaux sur le détroit…La mer reste calme la première heure de traversée, mais ça ne va pas durer…Le vent est violent et je deviens bientôt blanche…Un retard est annoncé à cause de la tempête…La grosse masse d’acier fait du
sur place au port, il n’y pas de place….On arrive enfin au port de Tanger à 22H30… On décide d’aller voir l’ accostage sur le pont, des gars gueulent sur le quai et tirent bien tôt les cordes géantes du ferry…Des dizaines de personnes attendent sur le quai pour traverser à leur tour le détroit. C’est la cohue dans les couloirs étroits pour rejoindre les ponts inférieurs, nous sommes au milieu de gens énervés et fatigués, des enfants pleurent, ça se bouscule, des hommes gueulent…On finit par s’extirper de la masse humaine et retrouver notre maison sur roues. C’est parti, on passe la douane, moyennant 5 euros…Trop fatigué, pas envie qu’ils fouillent tout le camion, on abandonne un bifton. On est crevé, on a envie de se poser…Mais pas à Tanger,trop grand, trop bruyant…On veut rejoindre Tyétouan , puis Chefchaouen et descendre petit à petit jusqu’au sud. On s’aventure sur la nationale 2 direction tétouan, le vent est terrible et fait tanguer le camion…On a jamais vu ça…Il fait nuit noire, on ne voit pas la route, on roule à 50km/heure en montée, le vent souffle de plus belle, on sent les souffles d’air froid jusque dans le camion…On s’arrête à une petite station…Ouf…


Lundi 16 mars " Le tcho biloute, prêt pour le Paris Dakar "
Après une bonne nuit de sommeil, on se lève vers 8h, fin..moi surtout…Douche dans la station, po cher 4 neurones pour deux….ça fait du bien depuis vendredi…On reprend la route, on va essayer de trouver une station pour réparer le pneu sur Granada…Mouais, alors, c’est folklo, Nico parle po anglais ni espagnol, et ben… moi non plus….On attend une heure avant que le pneu arrive….ouep…alors nous voilà avec un pneu de Paris Dakar , " un neùmatico campo " , tout terrain quoi…ahahhaah, une bien belle roue de secours que nous avons là !
On est reparti on the road, Algésiras approche à coup de 90 km/heure, on traverse les montagnes dans le bon sens, que de la descente…Trop bien….Il se fait tard, on décide de s’’arrêter sur une aire d’autoroute à 30 bornes du détroit de Gibraltar...




Dimanche 15 mars : On se " Rabat "
C’est reparti, nous arrivons bientôt à la frontière espagnole, à Irun, on fait le plein de gazole, de clopes, on entame la route à 11h30…Et bien, nous voilà parti pour 6 heures de montée fatigante à travers les montagnes qui n’en finissent plus jusque Madrid….Vitesse de croisère : 70km, le camion fatigue, nico aussi…On arrive sur le périph de la capitale, on se paume, on loupe une sortie, pas de carte d’Espagne….On fait un p’tit détour….Les monts sont maintenant derrière nous, la route est plus tranquille…Jusqu’à ce que l’on crève sur l’autoroute vers Jaén vers 22h30, à l’avant droit, on se " Rabat " ( oué oué on y arrive bientôt !) sur une sortie…Il fait nuit, allez hop tiguilop, on sort les gilets fluo et le triangle…Soirée disco….Nico avait vu que le pneu avait des soufflettes, on a pas anticipé….aie aie aie…. On a qu’un cric 2 tonnes, mais Nico assure et nous change le pneu en deux deux ( ou en deux temps trois mouvements comme vous voulez)…. On rejoint une aire juste à côté….Nico a mal partout, la montagne plus les boulons….ça fatigue sa tendinite…



Samedi 14 mars : " Voleur de bouteille d’alcool"
Yep, la frontière espagnole se rapproche…mmm on reste optimiste, nous sommes sur une aire d’autoroute près de Niort ( rencontre avec une bande de chenilles à la queue leuleu, voir la photo))….Nous avons roulé jusque 1h30 du matin…Je me réveille la première, forcément, au taquet, comme d’habitude…. Réparation de l’armoire à fringues qui s’est cassée la gueule sur la route…Un kawa in the camtar, comme à la maison…Le pieu est hyper confortable, impression de se réveiller dans un vaisseau à la Jules Verne…on ne va pas faire le tour en 80 jours…mais en profiter un maximum !
Nico fatigue, je décide de conduire le camion, sur autoroute, impeccable, j’adore, le volant me va à ravir…Un vrai routier…J’attaque la ville, c’est déjà une autre histoire, les vitesses sont un peu dures à passer…C’est pas une C15 non plus….
On finit par se poser à Guetary…., près de biarritz, petit village…on se cale la camtar sur la place de mairie, qui, soit dit en passant n’est pas un parking…ça a l’air tranquille…mmmm…oui oui bien sûr, la techno de bas étage se fait entendre bientôt…Quelqu’un finit par frapper violemment au carreau du camion, Nico ouvre la porte, une voix féminine et accentuée du sud gueule, " alors c’est vous qui avait piqué les bouteilles d’alcool, ah mais ça se fait pas ça, dans une soirée, cong "…et blabla bla… Ba oué , forcément c’est les gens dans le gros camion beige


Vendredi 13 mars Fourmies/ Algésiras
Nous décollons de Fourmies ( eh oui ! ! ! ! quand même, symbolique quoi) vers 15h30, direction Saint Quentin pour rejoindre l’autoroute de Paris, mouais…un léger détour de 150km…Quelques bouchons à Panam…Normal…L’A10 est tout à fait adaptée à la vitesse de croisière du camion, 95km /heure, le tchio biloute est parti…ça y est ! ! ! ! Pas sorti de sa région depuis deux ans…il était temps…

Aucun commentaire:



les cascades d'Ouzoud

les cascades d'Ouzoud